Frais de route 2026 du transport routier : les barèmes
Par Farid Zidani, Directeur juridique
Ce que l'employeur doit retenir
- Mettez à jour les barèmes ouvriers applicables au segment transport concerné.
- Contrôlez janvier et février 2026 sur bulletins, déclencheurs et non-cumul.
- Gardez les preuves de déplacement : tournée, découché, ordre de mission ou feuille de route.
Le 7 février 2026, un arrêté d’extension rend obligatoire, pour toutes les entreprises concernées, l’avenant n° 81 du 2 décembre 2025 relatif aux frais de déplacement des ouvriers des transports routiers (Arrêté du 3 février 2026, JO du 7 février 2026 ; art. L. 2261-15 CT).
Si vous relevez du transport routier de marchandises (TRM), des activités auxiliaires, du déménagement, du transport de fonds et valeurs ou des prestations logistiques, le sujet est très opérationnel : un barème non mis à jour se traduit en régularisations, parfois au pire moment (contrôle, départ, conflit).
Ce que l’arrêté d’extension change (et pour qui)
L’extension a une conséquence simple : l’avenant devient applicable à l’ensemble des employeurs entrant dans son champ, y compris ceux qui ne sont pas adhérents aux organisations signataires (art. L. 2261-15 CT ; Arrêté du 3 février 2026, JO du 7 février 2026).
Le texte étendu vise le protocole du 30 avril 1974 relatif aux ouvriers. Concrètement, il met à jour les montants forfaitaires des frais de déplacement. Les règles d’ouverture des droits, elles, restent celles du protocole : selon les situations, l’employeur rembourse les frais sur justificatifs ou applique un forfait (Protocole du 30 avril 1974 relatif aux ouvriers, art. 1er).
Point clé : En Transports routiers, le risque n’est pas seulement de « mal payer ». Un barème inexact fragilise la paie, puis la relation de travail : régularisation, contestation, et parfois rappel sur plusieurs mois.
Barèmes 2026 : les montants à paramétrer en paie
L’avenant n° 81 actualise les montants des indemnités de déplacement des ouvriers. Voici les montants 2026 :
| Indemnité (ouvriers, marchandises et logistique) | Montant |
|---|---|
| Indemnité de repas | 16,36 € |
| Indemnité de repas unique | 10,07 € |
| Indemnité de repas unique « nuit » | 9,81 € |
| Indemnité spéciale | 4,42 € |
| Indemnité de casse-croûte | 8,87 € |
| Indemnité de grand déplacement (1 repas + 1 découcher) | 52,31 € |
| Indemnité de grand déplacement (2 repas + 1 découcher) | 68,67 € |
Ces montants sont des forfaits conventionnels. Ils n’ont d’intérêt que si vous les reliez à des données stables : qualification « ouvrier » au sens conventionnel, segment transports applicable, et traçabilité du déplacement (ordre de mission, tournée, feuille de route).
Voyageurs et transport sanitaire : un autre barème en 2026
Le transport routier de voyageurs et le transport sanitaire ne relèvent pas de l’avenant n° 81. Leurs ouvriers ont leur propre barème, revalorisé au 1er mars 2026 par l’avenant n° 82 du 11 février 2026, étendu par arrêté du 6 mai 2026 (Journal officiel du 16 mai 2026) : depuis cette extension, il s’impose à toutes les entreprises de ces deux secteurs.
| Indemnité (ouvriers, voyageurs et sanitaire) | Montant |
|---|---|
| Indemnité de repas | 15,70 € |
| Indemnité de repas unique | 9,69 € |
| Indemnité spéciale | 4,38 € |
| Indemnité de casse-croûte | 7,76 € |
| Indemnité spéciale de petit déjeuner | 4,38 € |
| Indemnité de chambre et indemnité spéciale de petit déjeuner | 33,36 € |
| Indemnité de repos journalier (chambre et casse-croûte) | 36,74 € |
Les deux grilles ne se mélangent pas : un autocariste qui paramètre l’indemnité de repas à 16,36 € paie le taux des marchandises, et un transporteur de marchandises qui reprend 15,70 € paie moins que son barème.
Cas TRM : un chauffeur en tournée avec découché
Prenons un cas simple : un chauffeur ouvrier en TRM part en tournée sur deux jours, avec un découché. Le protocole distingue des situations « repas » et des situations « grand déplacement », avec des forfaits différents selon qu’un ou deux repas sont pris hors résidence.
La question de fond n’est pas le montant seul. C’est votre capacité à répondre, avec des pièces, à deux questions RH basiques : le salarié était-il en situation de déplacement au sens du protocole, et quel forfait correspond à la journée (Protocole du 30 avril 1974 ; avenant n° 81 du 2 décembre 2025).
En pratique, nous voyons deux erreurs récurrentes :
- Le forfait est versé « par habitude » sans traçabilité. Le jour où un salarié conteste (ou qu’un manager change), la paie n’a plus de base factuelle.
- Les indemnités sont cumulées de façon incohérente (repas + grand déplacement) faute de règles de paie claires. Vous payez trop… ou pas assez, selon les cas.
Ce que vous devez faire dès février 2026 (check-list employeur)
- Confirmez votre champ : IDCC 0016, segment TRM/auxiliaires/déménagement/fonds et valeurs/prestations logistiques (Arrêté du 3 février 2026, JO du 7 février 2026).
- Mettez à jour le paramétrage paie avec les montants 2026 et documentez la règle de non-cumul retenue dans votre entreprise (avenant n° 81 du 2 décembre 2025 ; Protocole du 30 avril 1974).
- Contrôlez un échantillon de bulletins de janvier et février : montants, déclencheurs, cohérence avec les plannings et feuilles de route.
- Fixez une procédure simple de preuve : qui valide le déplacement, sur quels documents, et à quel moment (avant ou après la tournée).
- Informez les managers d’exploitation : leurs saisies (tournées, découchés, amplitudes) alimentent directement des indemnités. Sans discipline de saisie, la paie devient un contentieux à retardement.
Pour le contexte branche et la dernière revalorisation TRM antérieure, notre point d’avril 2025 reste utile : Extensions de branche en avril : casinos, loisirs et transports révisent leurs grilles.