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CCN 10 février 2026 Mis à jour le 1er novembre 2026 5 min de lecture

Frais de route 2026 du transport routier : les barèmes

Par Farid Zidani, Directeur juridique

Ce que l'employeur doit retenir

  • Mettez à jour les barèmes ouvriers applicables au segment transport concerné.
  • Contrôlez janvier et février 2026 sur bulletins, déclencheurs et non-cumul.
  • Gardez les preuves de déplacement : tournée, découché, ordre de mission ou feuille de route.

Le 7 février 2026, un arrêté d’extension rend obligatoire, pour toutes les entreprises concernées, l’avenant n° 81 du 2 décembre 2025 relatif aux frais de déplacement des ouvriers des transports routiers (Arrêté du 3 février 2026, JO du 7 février 2026 ; art. L. 2261-15 CT).

Si vous relevez du transport routier de marchandises (TRM), des activités auxiliaires, du déménagement, du transport de fonds et valeurs ou des prestations logistiques, le sujet est très opérationnel : un barème non mis à jour se traduit en régularisations, parfois au pire moment (contrôle, départ, conflit).

Ce que l’arrêté d’extension change (et pour qui)

L’extension a une conséquence simple : l’avenant devient applicable à l’ensemble des employeurs entrant dans son champ, y compris ceux qui ne sont pas adhérents aux organisations signataires (art. L. 2261-15 CT ; Arrêté du 3 février 2026, JO du 7 février 2026).

Le texte étendu vise le protocole du 30 avril 1974 relatif aux ouvriers. Concrètement, il met à jour les montants forfaitaires des frais de déplacement. Les règles d’ouverture des droits, elles, restent celles du protocole : selon les situations, l’employeur rembourse les frais sur justificatifs ou applique un forfait (Protocole du 30 avril 1974 relatif aux ouvriers, art. 1er).

Point clé : En Transports routiers, le risque n’est pas seulement de « mal payer ». Un barème inexact fragilise la paie, puis la relation de travail : régularisation, contestation, et parfois rappel sur plusieurs mois.

Barèmes 2026 : les montants à paramétrer en paie

L’avenant n° 81 actualise les montants des indemnités de déplacement des ouvriers. Voici les montants 2026 :

Indemnité (ouvriers, marchandises et logistique)Montant
Indemnité de repas16,36 €
Indemnité de repas unique10,07 €
Indemnité de repas unique « nuit »9,81 €
Indemnité spéciale4,42 €
Indemnité de casse-croûte8,87 €
Indemnité de grand déplacement (1 repas + 1 découcher)52,31 €
Indemnité de grand déplacement (2 repas + 1 découcher)68,67 €

Ces montants sont des forfaits conventionnels. Ils n’ont d’intérêt que si vous les reliez à des données stables : qualification « ouvrier » au sens conventionnel, segment transports applicable, et traçabilité du déplacement (ordre de mission, tournée, feuille de route).

Voyageurs et transport sanitaire : un autre barème en 2026

Le transport routier de voyageurs et le transport sanitaire ne relèvent pas de l’avenant n° 81. Leurs ouvriers ont leur propre barème, revalorisé au 1er mars 2026 par l’avenant n° 82 du 11 février 2026, étendu par arrêté du 6 mai 2026 (Journal officiel du 16 mai 2026) : depuis cette extension, il s’impose à toutes les entreprises de ces deux secteurs.

Indemnité (ouvriers, voyageurs et sanitaire)Montant
Indemnité de repas15,70 €
Indemnité de repas unique9,69 €
Indemnité spéciale4,38 €
Indemnité de casse-croûte7,76 €
Indemnité spéciale de petit déjeuner4,38 €
Indemnité de chambre et indemnité spéciale de petit déjeuner33,36 €
Indemnité de repos journalier (chambre et casse-croûte)36,74 €

Les deux grilles ne se mélangent pas : un autocariste qui paramètre l’indemnité de repas à 16,36 € paie le taux des marchandises, et un transporteur de marchandises qui reprend 15,70 € paie moins que son barème.

Cas TRM : un chauffeur en tournée avec découché

Prenons un cas simple : un chauffeur ouvrier en TRM part en tournée sur deux jours, avec un découché. Le protocole distingue des situations « repas » et des situations « grand déplacement », avec des forfaits différents selon qu’un ou deux repas sont pris hors résidence.

La question de fond n’est pas le montant seul. C’est votre capacité à répondre, avec des pièces, à deux questions RH basiques : le salarié était-il en situation de déplacement au sens du protocole, et quel forfait correspond à la journée (Protocole du 30 avril 1974 ; avenant n° 81 du 2 décembre 2025).

En pratique, nous voyons deux erreurs récurrentes :

  • Le forfait est versé « par habitude » sans traçabilité. Le jour où un salarié conteste (ou qu’un manager change), la paie n’a plus de base factuelle.
  • Les indemnités sont cumulées de façon incohérente (repas + grand déplacement) faute de règles de paie claires. Vous payez trop… ou pas assez, selon les cas.

Ce que vous devez faire dès février 2026 (check-list employeur)

  • Confirmez votre champ : IDCC 0016, segment TRM/auxiliaires/déménagement/fonds et valeurs/prestations logistiques (Arrêté du 3 février 2026, JO du 7 février 2026).
  • Mettez à jour le paramétrage paie avec les montants 2026 et documentez la règle de non-cumul retenue dans votre entreprise (avenant n° 81 du 2 décembre 2025 ; Protocole du 30 avril 1974).
  • Contrôlez un échantillon de bulletins de janvier et février : montants, déclencheurs, cohérence avec les plannings et feuilles de route.
  • Fixez une procédure simple de preuve : qui valide le déplacement, sur quels documents, et à quel moment (avant ou après la tournée).
  • Informez les managers d’exploitation : leurs saisies (tournées, découchés, amplitudes) alimentent directement des indemnités. Sans discipline de saisie, la paie devient un contentieux à retardement.

Pour le contexte branche et la dernière revalorisation TRM antérieure, notre point d’avril 2025 reste utile : Extensions de branche en avril : casinos, loisirs et transports révisent leurs grilles.

Sources officielles

frais de déplacementindemnité de repastransport routier de marchandisesconvention collectiveCCN Transports routiers

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