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Réforme 8 janvier 2025 5 min de lecture

Partage de la valeur : ce que doivent faire les entreprises de 11 à 49 salariés

La loi du 29 novembre 2023 crée une obligation inédite : les entreprises de 11 à 49 salariés qui dégagent un bénéfice suffisant doivent mettre en place un dispositif de partage de la valeur. Le mécanisme s’applique aux exercices ouverts à compter du 1er janvier 2025.

Trois conditions cumulatives

L’obligation ne concerne pas toutes les PME. Elle vise les entreprises qui remplissent simultanément trois critères : un effectif compris entre 11 et 49 salariés, un bénéfice net fiscal au moins égal à 1 % du chiffre d’affaires, et le maintien de ce seuil pendant trois exercices consécutifs (loi n° 2023-1107 du 29 novembre 2023).

Pour un exercice ouvert au 1er janvier 2025, ce sont les résultats des exercices 2022, 2023 et 2024 qui seront examinés. Si le bénéfice net fiscal a atteint ou dépassé 1 % du CA chacune de ces trois années, l’obligation se déclenche.

En pratique — Une entreprise de 25 salariés au CA annuel de 2 millions d’euros est concernée dès lors que son bénéfice net fiscal a dépassé 20 000 € chacune des trois dernières années.

Quatre dispositifs au choix

L’employeur n’est pas contraint dans le choix du mécanisme. La loi ouvre quatre options :

  • Un accord d’intéressement — lié à des objectifs de performance, versement aléatoire par nature. Exonéré de cotisations sociales (hors CSG-CRDS) et de forfait social pour les entreprises de moins de 50 salariés.

  • Un régime de participation — calculé sur le bénéfice net fiscal selon la formule légale (art. L3324-1 CT) ou une formule dérogatoire plus favorable. Volontaire ici, puisque la participation obligatoire ne se déclenche qu’à partir de 50 salariés.

  • Une prime de partage de la valeur (PPV) — versement direct, décidé unilatéralement par l’employeur ou par accord. Peut être modulée selon la rémunération, la classification, l’ancienneté ou la durée de présence.

  • Un abondement sur un plan d’épargne salariale (PEE, PEI, PERCO, PERECO) — l’employeur complète les versements volontaires des salariés.

Pour une PME qui découvre le sujet, la PPV est souvent la porte d’entrée la plus accessible. Elle ne nécessite pas de négociation collective et le montant est libre.

Ce que la PPV ne remplace pas

La prime de partage de la valeur ne peut se substituer ni au salaire, ni à des augmentations de rémunération, ni à des primes prévues par un accord salarial, le contrat de travail ou les usages en vigueur dans l’entreprise. Nous insistons sur ce point : un employeur qui supprimerait une prime existante pour la remplacer par une PPV s’exposerait à un redressement URSSAF et à une action en rappel de salaire.

Qui en est exempté

Deux cas. Les entreprises déjà couvertes par un accord d’intéressement ou de participation en cours de validité n’ont pas à mettre en place un dispositif supplémentaire — l’obligation est satisfaite de fait. Les entreprises individuelles et les sociétés anonymes à participation ouvrière sont également exclues du champ.

Ce que vous devez faire maintenant

Reprenez vos trois derniers bilans. Si le bénéfice net fiscal a atteint 1 % du CA sur 2022, 2023 et 2024, vous êtes concerné dès l’exercice 2025. Le choix du dispositif doit intervenir au cours de cet exercice. La loi ne fixe pas de date limite précise, mais nous recommandons de formaliser le choix au premier semestre pour sécuriser la démarche.

Le dispositif est expérimental, prévu pour une durée de 5 ans. Le législateur évaluera les résultats avant de décider d’une éventuelle pérennisation. Cela ne dispense pas de s’y conformer dès maintenant : l’obligation est bien réelle pour les exercices en cours.

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