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Contrat CDI — Convention Prestations logistiques (EPL)

IDCC 0016 — Entreprises de prestations logistiques

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Les entreprises de prestations logistiques (EPL) constituent un segment à part de la convention Transports routiers (IDCC 0016). Là où les autres secteurs — transport de marchandises, voyageurs, sanitaire, déménagement — organisent le travail autour de la conduite, l’EPL se concentre sur l’activité sédentaire : entrepôts, plateformes de stockage, préparation de commandes, gestion de flux. Cette spécificité impacte directement la classification, le temps de travail et les clauses du contrat.

Ce qui change avec les prestations logistiques

  • Personnel 100 % sédentaire : ni régime d’équivalence horaire, ni permis de conduire, ni FIMO (Formation Initiale Minimale Obligatoire). Le CDI EPL est structurellement différent d’un CDI dans le transport de marchandises ou de voyageurs.
  • Classification à quatre annexes et coefficients « L » : ouvriers (préparateurs, caristes, agents de quai), employés (inventaire, ordonnancement), TAM (chefs d’équipe, chefs de quai, responsables logistiques) et cadres (sept groupes). Chaque annexe porte des droits distincts en matière de rémunération, de période d’essai et de préavis.
  • Période d’essai différenciée : la CCN prévoit des durées propres à chaque annexe, systématiquement plus courtes que le Code du Travail pour les premiers niveaux, avec des conditions de renouvellement limitées aux TAM et aux cadres.
  • Prime d’ancienneté pour les annexes II et III : les employés et TAM bénéficient d’une majoration progressive du taux horaire en fonction de l’ancienneté — un mécanisme absent pour les ouvriers et les cadres.
  • Rémunération exprimée en Garantie Annuelle de Rémunération (GAR) : les minimums conventionnels sont calculés sur une base annuelle, avec des grilles spécifiques à chaque annexe et chaque coefficient.

Classification et période d’essai

Quatre annexes, seize coefficients

La classification EPL repose sur quatre annexes, chacune ciblant un périmètre de métiers logistiques. L’Annexe I couvre les opérateurs, préparateurs de commandes, contrôleurs et caristes. L’Annexe II vise le personnel administratif et d’ordonnancement. L’Annexe III regroupe les chefs d’équipe, techniciens de maintenance, chefs de quai et responsables logistiques. L’Annexe IV concerne les cadres, organisés en sept groupes.

Chaque annexe porte plusieurs coefficients « L » qui déterminent le positionnement dans la grille de rémunération. Le coefficient et l’annexe doivent figurer au contrat — ils conditionnent le salaire minimum, la période d’essai, le préavis et l’accès aux modes de temps de travail.

Avec seize coefficients répartis sur quatre annexes, le risque d’erreur de positionnement est réel. Un coefficient erroné dans le contrat entraîne l’application du mauvais minimum conventionnel sur toute la durée de la relation de travail — notre outil sélectionne automatiquement les positions disponibles et vérifie la conformité salariale.

Période d’essai : cinq profils distincts

La convention prévoit des durées de période d’essai modulées par annexe, avec un principe clair : plus le niveau de responsabilité est élevé, plus la période est longue. Les ouvriers bénéficient de la durée la plus courte, non renouvelable. Les employés disposent d’un palier intermédiaire, également non renouvelable. Les TAM et les cadres accèdent au renouvellement, mais sous conditions strictes : clause écrite au contrat initial, accord exprès du salarié, notification avant la fin de la période initiale.

Pour les cadres, la rupture pendant l’essai obéit à un régime propre : le premier mois est libre, puis un délai-congé réciproque s’impose progressivement.

Rémunération et garantie annuelle

Grilles EPL et GAR

Les minimums conventionnels EPL sont exprimés en Garantie Annuelle de Rémunération (GAR) sur douze mensualités. Chaque coefficient de chaque annexe porte un minimum spécifique, calculé sur la base de 35 heures hebdomadaires pour le personnel non-cadre. Les cadres bénéficient d’une Rémunération Annuelle Garantie (RAG) sans référence horaire — un mécanisme qui reflète l’autonomie de gestion de leur temps de travail.

Les grilles de rémunération EPL sont distinctes de celles des autres segments Transports. Les coefficients, les intitulés et les montants sont propres au secteur logistique.

Prime d’ancienneté

Les employés (Annexe II) et les TAM (Annexe III) bénéficient d’une majoration progressive du taux horaire, par paliers d’ancienneté. Cette prime est absente pour les ouvriers (Annexe I) et les cadres (Annexe IV) — une asymétrie qui reflète la structure conventionnelle des annexes et qui doit être prise en compte dans le calcul du salaire de référence.

Le calcul de la rémunération minimale dépend du coefficient, de l’annexe, du mode de temps de travail et de l’ancienneté — autant de paramètres qui interagissent et que notre outil intègre automatiquement.

Temps de travail

Base légale de 35 heures

Le personnel EPL étant exclusivement sédentaire, le temps de travail suit le régime de droit commun : 35 heures hebdomadaires. Contrairement aux conducteurs TRM ou TRV, il n’y a ni équivalence horaire ni accord d’aménagement du temps de travail (ARTT) spécifique au segment.

Modes de temps de travail par annexe

La convention ouvre plusieurs modes selon l’annexe. Les ouvriers et employés accèdent au temps plein standard, au temps plein étendu (avec compensation en JRTT, repos compensateur ou paiement majoré), à la modulation annuelle et au temps partiel. Les TAM y ajoutent le forfait heures mensuel. Les cadres disposent en plus du forfait jours.

Le forfait jours est strictement réservé aux cadres autonomes (Annexe IV). Les TAM n’y ont pas accès, même en cas d’autonomie avérée dans l’organisation de leur temps de travail — cette restriction est propre à la CCN Transports.

Heures supplémentaires

Le contingent annuel est de droit commun. Chaque heure au-delà de 35 heures est une heure supplémentaire majorée selon le barème légal à deux tranches. Le repos compensateur de remplacement permet de substituer du repos au paiement, sans imputation sur le contingent.

Préavis et congés

Préavis

La convention prévoit des préavis modulés selon l’annexe, le coefficient et l’ancienneté. Les ouvriers en début de carrière bénéficient du préavis le plus court, tandis que les cadres disposent d’un préavis allongé et réciproque. Les TAM de haute maîtrise (coefficient le plus élevé de l’Annexe III) ont un préavis supérieur à celui des autres TAM.

Pendant le préavis de licenciement, le salarié dispose d’heures rémunérées pour recherche d’emploi, dont la durée varie selon l’annexe. Les cadres et TAM de haute maîtrise peuvent quitter l’entreprise de manière anticipée, sous réserve d’un préavis réduit notifié à l’employeur.

Congés

La base de congés payés est identique au Code du Travail. La convention prévoit des congés pour événements familiaux dont les durées varient selon l’annexe. Les ouvriers en début de carrière disposent de durées réduites pour certains événements — une condition d’ancienneté spécifique à l’Annexe I.

La période de prise du congé principal diffère légèrement entre annexes. Le fractionnement ouvre droit à des jours supplémentaires selon le volume de jours pris hors période principale.

Points de vigilance

Classification et coefficient : un coefficient erroné dans le contrat entraîne l’application du mauvais minimum conventionnel sur toute la durée de la relation de travail. Avec quatre annexes et seize coefficients, le risque d’erreur est significatif — notre outil sélectionne automatiquement les positions disponibles selon l’annexe et vérifie la conformité salariale.

Forfait jours réservé aux cadres : proposer un forfait jours à un TAM EPL exposerait l’employeur à un contentieux en requalification. La convention exclut explicitement les annexes I à III de ce mode de temps de travail.

Prime d’ancienneté : oublier d’intégrer la majoration pour les employés et TAM fausse le calcul du minimum conventionnel. L’impact est cumulatif — une erreur sur ce point génère un sous-paiement qui s’aggrave avec l’ancienneté.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre un CDI EPL et un CDI dans les autres segments Transports ?

Le segment EPL concerne exclusivement le personnel sédentaire (entrepôts, plateformes logistiques). Il n'y a ni régime d'équivalence horaire, ni vérification de permis de conduire, ni FIMO. La classification repose sur quatre annexes avec des coefficients « L » spécifiques aux métiers logistiques.

Les ouvriers EPL ont-ils droit à une prime d'ancienneté ?

Non. La prime d'ancienneté conventionnelle ne bénéficie qu'aux employés (Annexe II) et aux techniciens et agents de maîtrise (Annexe III). Les ouvriers et les cadres n'y ont pas droit au titre de la convention — un accord d'entreprise peut toutefois en prévoir une.

Un chef de quai EPL peut-il bénéficier du forfait jours ?

Non. Le forfait jours est réservé aux cadres autonomes (Annexe IV). Les techniciens et agents de maîtrise (Annexe III) peuvent accéder au forfait heures, mais pas au forfait jours — cette restriction est propre à la CCN Transports.

La période d'essai d'un préparateur de commandes est-elle la même qu'en droit commun ?

Non. La convention prévoit pour les ouvriers sédentaires EPL (Annexe I) une durée sensiblement plus courte que le droit commun, non renouvelable. Les durées varient selon l'annexe, avec un écart marqué entre les premiers niveaux et les cadres.

Le 13e mois est-il obligatoire en EPL ?

Non. Le 13e mois n'est pas généralisé dans la branche Transports routiers. Il peut être prévu par un accord d'entreprise ou un usage, mais ce n'est pas une obligation conventionnelle.

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