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CCN 17 avril 2026 6 min de lecture

Gardiens et concierges d'immeubles : les nouvelles grilles de salaires sont étendues

L’arrêté du 10 avril 2026 (JO du 17 avril 2026, NOR : MTRT2611283A) étend l’avenant n° 115 du 20 janvier 2026 à la convention collective nationale des gardiens, concierges et employés d’immeubles (IDCC 1043, brochure 3144). Le texte devient obligatoire pour tous les employeurs et tous les salariés relevant du champ — syndics, bailleurs sociaux, foncières, copropriétés en gestion directe — et non plus seulement pour les adhérents des organisations signataires. La nouvelle grille s’applique aux rémunérations dues à compter du 1er mai 2026 ; la paie de mai est donc le premier bulletin à recalibrer.

Ce que l’extension change pour vous

L’extension ministérielle ne modifie pas le contenu de l’avenant. Elle élargit son champ d’application personnel : les employeurs qui n’avaient pas adhéré aux fédérations signataires (UNIS, FNAIM, Plurience, CSAB côté patronal) étaient jusqu’ici libres d’appliquer ou non les barèmes négociés. À compter du 17 avril 2026, plus aucun employeur du secteur ne peut s’en affranchir. Le contrôle URSSAF, l’inspection du travail et les conseils de prud’hommes opposeront désormais les nouvelles valeurs comme un plancher conventionnel impératif.

Le champ de la CCN couvre les personnels affectés à la garde, à la surveillance et à l’entretien d’immeubles d’habitation. Trois grands employeurs : les copropriétés représentées par un syndic, les bailleurs sociaux et privés, et les particuliers employeurs en gestion directe. Cette dernière catégorie est la plus exposée — peu informée, rarement accompagnée, fréquemment hors des circuits de veille conventionnelle.

Les nouveaux paramètres de la grille

La rémunération minimale d’un salarié de la branche est calculée par une formule conventionnelle simple : nombre d’unités de valeur (UV) du poste × valeur du point + montant fixe. L’avenant n° 115 revalorise les trois paramètres.

La valeur du point catégorie A (employés d’immeubles, niveaux 1 à 6) passe à 1,65 €. La valeur du point catégorie B (gardiens et concierges, niveaux 1 à 9) passe à 1,79 €. Le montant fixe est porté à 920 €. Pour vérifier le minimum d’un salarié, multipliez le nombre d’UV figurant dans son contrat ou son avenant de classification par la valeur de point applicable à sa catégorie, puis ajoutez le fixe.

Avenant n° 115 du 20 janvier 2026 (CCN IDCC 1043) — La nouvelle valeur du point et le nouveau montant fixe s’appliquent au calcul du salaire minimum conventionnel des contrats en cours et à venir, à compter du 1er mai 2026.

Le SMIC mensuel à temps plein étant de 1 823,03 € depuis le 1er janvier 2026, la vigilance porte sur les niveaux d’entrée des deux catégories : un salarié qui, après application de la formule, ressort en deçà du SMIC doit être réaligné — le SMIC légal prime sur le minimum conventionnel quand il est plus favorable.

Le salaire en nature : la spécificité de la branche

La CCN 1043 est la seule où l’employeur loge fréquemment son salarié, et où le logement est intégré au calcul de la rémunération. L’avenant actualise les valeurs forfaitaires d’évaluation du logement, indexées sur l’IRL du quatrième trimestre 2025 : 3,593 € le mètre carré pour la catégorie 1 (logement principal), 2,837 € pour la catégorie 2 et 2,095 € pour la catégorie 3. Ces montants sont intégrés au bulletin de paie comme composante du salaire global.

L’électricité fournie au salarié logé constitue un avantage en nature complémentaire. L’avenant fixe le tarif applicable à 0,1952 € TTC le kilowattheure, à appliquer sur la consommation réelle du logement.

Une erreur de paramétrage du logiciel paie sur ces postes engendre rapidement un sous-paiement de plusieurs dizaines d’euros par mois, multiplié par le nombre de gardiens du parc géré. Le risque de rappel sur trois ans (art. L3245-1 CT) est mécanique — et l’absence de revalorisation est un manquement conventionnel directement opposable par le salarié.

Une prime exceptionnelle pour les détenteurs d’un CQP ou d’un CAP

L’avenant crée pour 2026 une prime exceptionnelle d’un montant égal au SMIC mensuel brut en vigueur, soit 1 823,03 €, versée aux salariés titulaires du certificat de qualification professionnelle de la branche ou d’un CAP de gardien d’immeubles obtenu avant 2026. La prime est due en une fois sur l’année, son régime social est celui des éléments de rémunération courants (cotisations et CSG-CRDS sur l’intégralité). Le salarié qui obtient son CQP ou CAP en 2026 perçoit la prime au titre de l’année.

C’est un signal fort des partenaires sociaux pour valoriser la qualification dans une branche historiquement peu diplômée — et un poste de coût à anticiper dès le bulletin de mai pour les employeurs concernés.

Ce que vous devez vérifier d’ici la paie de mai

Trois contrôles à conduire dans les deux semaines qui suivent la publication. D’abord, identifier les salariés concernés : la classification figure dans le contrat ou dans un avenant ; en cas d’absence, repartir des fonctions effectivement exercées et des UV correspondant au poste. Ensuite, recalculer les minima : pour chaque salarié, appliquer la formule UV × nouvelle valeur du point + 920 € et comparer au salaire de base actuel ; régulariser tout écart sur le bulletin de mai. Enfin, réexaminer les avantages en nature logement et électricité : les forfaits de l’avenant remplacent ceux de l’année 2025 ; un paramétrage SIRH non actualisé enclenche un sous-paiement immédiat.

Les particuliers employeurs en gestion directe d’un gardien doivent être accompagnés en priorité. Ils n’ont ni service paie ni veille conventionnelle, et l’extension les rend pleinement débiteurs des nouveaux barèmes dès le 1er mai 2026.

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