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CCN 29 janvier 2026 5 min de lecture

Extensions de janvier : travaux publics et insertion renouvellent leurs grilles

Le mois de janvier 2026 a vu la publication de plusieurs arrêtés d’extension rendant obligatoires des avenants négociés en 2025. Les travaux publics, les ateliers et chantiers d’insertion et le secteur médico-social sont les principaux concernés. Chaque extension modifie les minima conventionnels ou les garanties de prévoyance — avec des conséquences directes sur le bulletin de paie.

Travaux publics : trois conventions, un accord commun

L’arrêté du 15 janvier 2026 (JO du 22 janvier) étend un accord conclu dans le cadre des trois conventions collectives nationales des travaux publics : ouvriers (n° 1702), employés, techniciens et agents de maîtrise (n° 2614) et cadres (n° 3212). L’accord porte sur la revalorisation des salaires minima hiérarchiques pour l’ensemble des catégories.

Les nouvelles grilles intègrent la hausse du SMIC au 1er janvier 2026 et revalorisent les niveaux intermédiaires pour préserver les écarts hiérarchiques. La revalorisation varie selon les catégories : les premiers niveaux ouvriers sont alignés sur le nouveau SMIC (12,02 € brut de l’heure), tandis que les niveaux ETAM et cadres bénéficient d’une progression comprise entre 1,5 % et 2,5 % selon les positions.

L’extension rend ces minima obligatoires pour l’ensemble des entreprises de travaux publics, y compris celles qui ne sont pas adhérentes aux organisations signataires. Nous recommandons de comparer les salaires de base de chaque salarié avec la grille applicable à sa classification dès le bulletin de janvier. Un écart non corrigé expose l’employeur à un rappel de salaire sur trois ans (art. L3245-1 CT).

Ateliers et chantiers d’insertion : minima et prévoyance

L’arrêté du 27 janvier 2026 (JO du 1er février) étend un avenant à la convention collective nationale des ateliers et chantiers d’insertion (n° 3016). L’avenant revalorise les salaires minima conventionnels et actualise les garanties du régime de prévoyance obligatoire.

Le secteur de l’insertion emploie des salariés en parcours dont la rémunération se situe souvent au niveau du SMIC ou légèrement au-dessus. La revalorisation des minima conventionnels vise à maintenir un écart significatif entre le SMIC et les premiers niveaux de la grille, pour préserver l’attractivité des postes de permanents (encadrants, conseillers en insertion). Les structures d’insertion doivent vérifier que leurs financements publics — qui couvrent une partie de la masse salariale — intègrent bien la revalorisation.

Le volet prévoyance actualise les taux de cotisation et les niveaux de garantie en matière d’incapacité, d’invalidité et de décès. Les employeurs doivent transmettre les nouveaux paramètres à leur organisme assureur pour mise en conformité du contrat collectif.

Les autres branches à surveiller

Plusieurs avenants négociés fin 2025 dans le secteur médico-social à but non lucratif et dans d’autres branches sont en cours de procédure d’extension. Le secteur médico-social est sous tension depuis plusieurs années : les difficultés de recrutement, amplifiées par la concurrence salariale du secteur public après le Ségur de la santé, poussent les branches à revaloriser les grilles pour fidéliser les professionnels. Les arrêtés d’extension correspondants devraient être publiés dans les semaines qui viennent.

Ce que l’employeur doit faire

Pour chaque extension applicable à votre branche, trois vérifications s’imposent. Comparez les salaires de base actuels avec les nouveaux minima conventionnels et corrigez les écarts dès le bulletin du mois d’application. Transmettez les nouveaux paramètres de prévoyance à votre organisme assureur si l’avenant modifie les taux ou les garanties. Informez les salariés des évolutions de leur grille de classification, en particulier lorsque l’avenant modifie les critères de progression.

Les arrêtés d’extension sont publiés au Journal officiel et accessibles sur Légifrance. Nous recommandons de consulter régulièrement la rubrique « arrêtés d’extension » pour anticiper les mises en conformité, plutôt que de les découvrir lors d’un contrôle URSSAF ou d’une réclamation salariale.

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