Commerce de détail non alimentaire : les grilles salariales 2025 sont étendues
L’avenant n° 14 du 27 novembre 2024, qui revalorise les salaires minima de la branche du commerce de détail non alimentaire (IDCC 1517), vient d’être étendu par arrêté ministériel du 5 février 2025. La nouvelle grille s’applique à compter du 1er mars 2025 à l’ensemble des employeurs de la branche, qu’ils soient ou non adhérents aux organisations patronales signataires.
Ce que change l’extension
Un avenant à une convention collective ne lie, en principe, que les employeurs membres des organisations patronales signataires. L’extension modifie cette portée : par arrêté du ministre du Travail, les stipulations de l’avenant deviennent obligatoires pour tous les employeurs entrant dans le champ d’application de la convention. Si votre entreprise relève de la CCN des commerces de détail non alimentaires — antiquités, arts de la table, droguerie, jouets, maroquinerie, presse, équipement du foyer, produits de la vape — la nouvelle grille s’impose à vous dès le 1er mars, quel que soit votre statut syndical.
L’avenant n° 14 remplace l’avenant n° 13 du 5 juin 2023, en vigueur depuis le 1er novembre 2023. Pour les premiers niveaux, la revalorisation vise à maintenir un écart — même mince — avec le SMIC, relevé à 1 801,80 € brut mensuel au 1er novembre 2024.
La grille applicable au 1er mars 2025
Salaires minima mensuels bruts pour 151,67 heures :
- Niveau 1 : 1 802 €
- Niveau 2 : 1 809 €
- Niveau 3 : 1 814 €
- Niveau 4 : 1 839 €
- Niveau 5 : 1 940 €
- Niveau 6 : 2 118 €
- Niveau 7 : 2 714 €
- Niveau 8 : 3 548 €
- Niveau 9 : 3 994 €
Les trois premiers niveaux restent collés au SMIC. Le niveau 1 le dépasse de 20 centimes par mois — un écart symbolique qui illustre la difficulté récurrente de cette branche à négocier des minima significativement supérieurs au plancher légal. Les syndicats réclament un différentiel plus net pour valoriser l’expérience et la classification ; les employeurs font valoir la pression sur les marges du commerce physique. L’avenant n° 14 n’a pas résolu ce point de tension, mais il a le mérite de remettre tous les niveaux au-dessus du SMIC.
Vérifiez votre conformité avant le 1er mars
Trois vérifications s’imposent.
Comparez chaque salarié à son minimum conventionnel selon son niveau de classification. Un salarié payé au-dessus du nouveau minimum de son niveau n’a pas nécessairement besoin d’augmentation. En revanche, un salarié au niveau 1 rémunéré exactement au SMIC (1 801,80 €) doit passer à 1 802 €. L’écart paraît dérisoire, mais un minimum conventionnel non respecté constitue une infraction constatée en cas de contrôle.
Vérifiez les classifications elles-mêmes. La grille CDNA comporte neuf niveaux définis au chapitre XII de la convention. Un salarié mal classé peut réclamer un rappel de salaire sur la base du minimum correspondant à son niveau réel — et la prescription est de trois ans (art. L3245-1 CT).
Informez votre gestionnaire de paie. Les logiciels doivent être paramétrés pour appliquer les nouveaux minima au 1er mars. Nous recommandons de conserver une trace de la mise à jour pour pouvoir justifier de votre conformité en cas de contrôle de l’inspection du travail.
Février 2025 : une vague d’extensions
Le commerce de détail non alimentaire n’est pas un cas isolé. En ce début de mois, le ministère du Travail a signé plusieurs arrêtés d’extension de grilles salariales : l’industrie et le commerce en gros des viandes (IDCC 1534, arrêté du 6 février), l’habitat et le logement accompagnés (IDCC 2336, arrêté du 6 février) et les entreprises artistiques et culturelles (IDCC 1285, arrêté du 6 février) sont également concernés.
Ce mouvement reflète la dynamique amorcée début 2025. Sous la pression d’un SMIC revalorisé en novembre 2024, les branches négocient et le ministère étend rapidement pour éviter les situations où des minima conventionnels restent inférieurs au plancher légal. Si votre entreprise relève d’une autre branche, vérifiez les publications récentes du Journal officiel : votre grille a peut-être changé sans que vous le sachiez.