VAE : le CPF finance désormais l'intégralité du parcours
Le décret n° 2025-663, publié au Journal officiel le 18 juillet 2025, ouvre une brèche attendue : depuis le 1er août, le Compte Personnel de Formation finance l’intégralité du parcours de Validation des Acquis de l’Expérience. Accompagnement, préparation, jury — tout est couvert. Le dispositif, longtemps freiné par un reste à charge dissuasif, devient un levier de montée en compétences à coût zéro pour le salarié.
Ce qui change concrètement
Jusqu’au 31 juillet 2025, le CPF prenait en charge les frais d’accompagnement VAE, mais pas les frais de validation proprement dits — frais de jury, frais de dossier, prestations complémentaires d’évaluation. Le candidat devait financer la différence de sa poche, souvent plusieurs centaines d’euros selon la certification visée. Cette barrière financière explique en partie le décrochage de la VAE : 30 000 parcours engagés en 2023, contre 60 000 une décennie plus tôt.
Le décret n° 2025-663 supprime cette distinction. Le CPF couvre désormais l’ensemble des frais liés au parcours VAE, à condition que la certification visée soit inscrite au Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP) ou au Répertoire spécifique (art. R. 6323-38-1 CT, modifié). La prise en charge s’étend aux frais d’accompagnement sur l’ensemble du parcours — y compris la phase amont de positionnement — et aux frais de jury ou d’évaluation finale.
Le portail France VAE devient le guichet unique
L’inscription sur le portail France VAE (vae.gouv.fr) est désormais obligatoire pour accéder au financement CPF d’un parcours de validation. Le portail centralise l’orientation du candidat, la vérification de la recevabilité de sa demande et la mise en relation avec un architecte accompagnateur de parcours (AAP). Les prestataires d’accompagnement doivent être habilités et référencés sur la plateforme Mon Compte Formation.
Le parcours se déroule en quatre étapes : candidature sur France VAE, positionnement par un AAP, parcours d’accompagnement (avec ou sans formation complémentaire), puis passage devant le jury de certification. Le CPF finance l’ensemble, du premier rendez-vous de positionnement jusqu’à la délivrance du diplôme ou du titre.
Qui est concerné
Tous les actifs disposant d’un CPF abondé — salariés du privé, agents publics, travailleurs indépendants, demandeurs d’emploi. La condition d’expérience reste inchangée : le candidat doit justifier d’une activité en rapport direct avec la certification visée. La loi n° 2022-1598 du 21 décembre 2022 (loi « marché du travail ») avait déjà supprimé la condition de durée minimale d’expérience — une année d’exercice n’est plus requise.
Les demandeurs d’emploi inscrits à France Travail bénéficient des mêmes conditions de prise en charge. Leur CPF est mobilisable dans les mêmes termes, sans avance de frais.
Ce que l’employeur doit faire
Relayez l’information lors de l’entretien professionnel. L’entretien professionnel biennal (art. L. 6315-1 CT) impose d’informer le salarié sur ses droits à formation, dont le CPF et la VAE. La prise en charge intégrale est une option concrète pour les salariés expérimentés qui n’ont pas de diplôme en rapport avec leur poste actuel.
Identifiez les salariés éligibles. Un magasinier avec huit ans d’expérience peut valider un titre professionnel de technicien logistique. Un assistant comptable sans BTS peut obtenir le titre par la VAE. Le coût pour l’entreprise est nul — c’est le CPF du salarié qui finance. Le bénéfice pour l’employeur est double : fidélisation du salarié et montée en qualification sans absence longue. Le parcours VAE se déroule en grande partie hors temps de travail, sauf accord contraire.
Anticipez les demandes de congé de validation. Le salarié engagé dans un parcours VAE a droit à un congé de 48 heures maximum (art. L. 6422-1 CT), fractionnable, pour se préparer et passer devant le jury. L’employeur peut reporter la demande si l’absence est préjudiciable à la production, mais ne peut pas la refuser définitivement.
Intégrez la VAE dans votre stratégie de gestion des compétences. Pour les entreprises soumises à l’obligation de négocier un accord GEPP (300 salariés et plus), la VAE financée par le CPF est un levier à intégrer aux dispositifs de mobilité interne. Pour les PME, c’est un argument à valoriser lors des entretiens de fidélisation — un diplôme obtenu par la VAE coûte moins cher et retient mieux qu’une prime ponctuelle.