Jours fériés de mai 2026 : deux vendredis, un pont et la journée de solidarité
Mai 2026 offre quatre jours fériés à vos salariés et trois pièges à votre service paie. Les 1er et 8 mai tombent un vendredi : deux week-ends de trois jours sans pont à arbitrer. L’Ascension du jeudi 14 mai ouvre la séquence du pont du vendredi 15. Le lundi de Pentecôte du 25 mai relance la question — toujours mal comprise — de la journée de solidarité. Quatre dates, trois régimes distincts, une CCN à relire pour chacun.
Le calendrier de mai 2026 en clair
| Date | Jour | Statut | Régime de chômage |
|---|---|---|---|
| 1er mai 2026 | vendredi | Fête du Travail | Obligatoirement chômé pour tous (art. L3133-4 CT) |
| 8 mai 2026 | vendredi | Victoire 1945 | Chômé selon CCN, accord ou usage (art. L3133-3 CT) |
| 14 mai 2026 | jeudi | Ascension | Chômé selon CCN, accord ou usage |
| 25 mai 2026 | lundi | Lundi de Pentecôte | Chômé selon CCN — n’est plus automatiquement la journée de solidarité depuis 2008 |
Les vendredis 1er et 8 mai créent deux week-ends de trois jours sans qu’aucune décision de pont soit nécessaire. La séquence sensible se concentre sur le jeudi 14 mai (pont du 15 à arbitrer) et sur le lundi 25 mai (journée de solidarité à fixer).
1er mai 2026 : chômé, payé, doublé si travaillé
Le 1er mai reste le seul jour férié à régime impératif (art. L3133-4 CT). Le chômage est obligatoire pour tous les salariés sans condition d’ancienneté. L’employeur ne peut ni imposer le travail, ni récupérer les heures, ni déduire un jour de congé.
Si votre activité ne peut être interrompue — hôtellerie-restauration, transports, soins, sécurité —, les salariés qui travaillent perçoivent, en sus de leur salaire, une indemnité égale au montant de ce salaire (art. L3133-6 CT). Ce doublement est d’ordre public et ne peut être remplacé par un repos compensateur (Cass. soc., 30 novembre 2004, n° 02-45.785).
Réflexe paie. Le bulletin doit faire apparaître deux lignes : le salaire dû pour le travail accompli et l’indemnité légale du 1er mai. Cette indemnité est un complément de salaire soumis aux cotisations de sécurité sociale. L’omission est régulièrement redressée par l’URSSAF, et l’amende encourue est de 3 750 € par salarié concerné.
8 mai, Ascension, lundi de Pentecôte : trois fériés ordinaires, trois CCN à relire
Le 8 mai, le jeudi 14 mai et le lundi 25 mai relèvent du régime des dix jours fériés ordinaires de l’article L3133-1 CT. Leur chômage n’est pas obligatoire : il dépend des stipulations conventionnelles, d’un accord d’entreprise, d’un usage constant ou, à défaut, d’une décision de l’employeur (art. L3133-3 CT). En clair, votre convention collective fait la règle.
Le maintien de salaire pour ces trois jours, lorsqu’ils sont chômés, suppose une ancienneté minimale de trois mois (art. L3133-3-1 CT), sauf disposition conventionnelle plus favorable. La majorité des branches alignent les dix fériés ordinaires sur le 1er mai et suppriment cette condition. Vérifiez systématiquement.
Si vos salariés travaillent l’un de ces jours, aucune majoration légale n’est due. La loi ne prévoit rien en dehors du 1er mai. La majoration éventuelle vient de la convention collective — parfois 100 %, parfois 50 %, parfois rien. Lecture obligatoire avant chaque bulletin.
La récupération des heures perdues du fait du chômage d’un jour férié est interdite (art. L3133-2 CT) : ni le 8 mai, ni le 14 mai, ni le 25 mai ne se rattrapent.
Pont du vendredi 15 mai : récupérable, mais à notifier à l’inspection
Le pont du vendredi 15 mai 2026, qui prolonge l’Ascension du jeudi 14, n’est pas un droit du salarié. Trois options s’ouvrent à vous.
Pont offert. Vous fermez l’entreprise et maintenez la rémunération. Geste sans contrepartie, qui peut générer un usage si la pratique se répète à l’identique sur plusieurs années.
Pont sur congés payés. Vous imposez un jour de CP. L’employeur fixe les dates de congés (art. L3141-16 CT) mais doit respecter le délai de prévenance — un mois dans la majorité des CCN. Décider mi-mai d’imposer un CP le 15 est juridiquement tardif.
Pont avec récupération. Les heures perdues peuvent être récupérées dans les douze mois précédant ou suivant le pont, au taux normal et sans qualification d’heures supplémentaires (art. L3121-50 CT). Cette option exige une notification préalable à l’inspection du travail (art. R3121-34 CT) — obligation régulièrement oubliée et motif courant de redressement.
Journée de solidarité : pourquoi le lundi 25 mai n’est pas l’évidence
La loi du 16 avril 2008 a brisé le lien automatique entre la journée de solidarité et le lundi de Pentecôte. Les modalités d’accomplissement — date, fractionnement, imputation — sont fixées par accord d’entreprise ou de branche (art. L3133-7 CT) et, à défaut d’accord, par décision unilatérale de l’employeur après consultation du CSE (art. L3133-8 CT).
Sept heures de travail sont dues par chaque salarié à temps plein, proratisées pour les temps partiels. Ces heures n’ouvrent pas droit à rémunération supplémentaire et ne sont pas qualifiées d’heures supplémentaires. La journée peut être posée sur un autre jour férié ordinaire (jamais le 1er mai), sur un jour de RTT, ou fractionnée sur l’année. Elle ne peut jamais être imputée sur les congés payés légaux.
Ce que vous devez vérifier cette semaine
Votre CCN prévoit-elle le chômage obligatoire des 8 mai, Ascension et lundi de Pentecôte ? Lève-t-elle l’ancienneté de trois mois ? Fixe-t-elle une majoration pour les heures travaillées un férié ordinaire ?
Votre décision sur le pont du 15 mai est-elle écrite, datée, motivée ? Si vous avez accordé le pont d’Ascension trois années consécutives sur des modalités identiques, l’usage est constitué : le supprimer exige une dénonciation formelle avec préavis de trois à six mois.
La journée de solidarité 2026 est-elle adossée à un accord d’entreprise valide ou à une décision unilatérale assortie de la consultation CSE ? À défaut, elle est attaquable et la rémunération des sept heures redevient due.