Jours fériés de mai 2025 : trois jeudis, deux ponts et des obligations à vérifier
Mai 2025 offre trois jeudis fériés : le 1er mai, le 8 mai et l’Ascension le 29 mai. Trois occasions de ponts que vos salariés n’ont pas manqué de repérer. Mais les trois dates n’obéissent pas aux mêmes règles. Le 1er mai est le seul jour férié à régime d’exception en droit du travail français. Les deux autres suivent un cadre plus souple — et plus piégeux.
Le 1er mai : chômé, payé, non négociable
Le 1er mai est le seul jour férié légalement chômé pour tous les salariés, sans condition d’ancienneté (art. L. 3133-4 CT). L’employeur ne peut ni imposer de travail ce jour-là, ni récupérer les heures perdues, ni déduire un jour de congé.
Si votre activité ne peut pas s’interrompre — hôtellerie-restauration, transports, santé, sécurité —, vos salariés qui travaillent le 1er mai ont droit à une indemnité égale à leur salaire : ils sont payés double (art. L. 3133-6 CT). Cette indemnité ne peut pas être remplacée par un repos compensateur (Cass. soc., 30 novembre 2004, n° 02-45.785). La Cour de cassation a réaffirmé cette position à plusieurs reprises : le doublement du 1er mai est d’ordre public.
L’amende encourue en cas de non-respect : 3 750 € par salarié concerné.
8 mai et Ascension : chômés selon la convention collective
Contrairement au 1er mai, les jours fériés du 8 mai et du 29 mai ne sont pas obligatoirement chômés. L’article L. 3133-3 du code du travail laisse la décision à l’accord collectif, à l’usage d’entreprise ou, à défaut, à l’employeur.
Le maintien de salaire pour ces deux jours fériés est conditionné à une ancienneté minimale de trois mois dans l’entreprise (art. L. 3133-3 CT). Un salarié embauché le 1er mars 2025 ne bénéficie pas du maintien de salaire pour le 8 mai, sauf disposition conventionnelle plus favorable.
Si vos salariés travaillent le 8 mai ou l’Ascension, aucune majoration légale n’est due. La loi ne prévoit rien. Votre convention collective, en revanche, prévoit peut-être une majoration de 50 % ou 100 % : vérifiez avant d’établir les bulletins de paie.
Le réflexe : consultez votre CCN pour chaque jour férié. Le régime légal est un plancher. La convention collective fixe souvent des règles plus favorables — chômage obligatoire, majoration, repos compensateur.
La récupération des heures perdues du fait d’un jour férié chômé est interdite, quel que soit le jour concerné (art. L. 3133-2 CT, disposition d’ordre public). L’employeur ne peut pas demander aux salariés de « rattraper » le jeudi 8 mai ou le jeudi 29 mai.
Les ponts des vendredis 2, 9 et 30 mai
Le pont n’est pas un droit. L’employeur n’a aucune obligation légale de l’accorder. Il peut décider de fermer l’entreprise le vendredi suivant un jeudi férié, ou maintenir l’activité normale.
Trois options s’offrent à vous pour organiser un pont :
Pont offert. Vous fermez l’entreprise et maintenez la rémunération. Le vendredi est un jour de repos supplémentaire non déduit. C’est un geste de l’employeur, sans obligation de contrepartie.
Pont sur congés payés. Vous déduisez un jour de CP du solde de chaque salarié. L’employeur dispose du pouvoir de fixer les dates de congés (art. L. 3141-16 CT), mais il doit respecter le délai de prévenance fixé par sa convention collective — en général un mois. Si vous décidez début mai d’imposer un pont sur le CP du 30 mai, c’est trop tard dans la plupart des CCN.
Pont avec récupération. Les heures du vendredi chômé peuvent être récupérées dans les douze mois précédant ou suivant, au taux normal (art. L. 3121-50 CT). Ces heures ne sont pas des heures supplémentaires. L’employeur doit notifier l’inspection du travail de cette décision — obligation souvent oubliée par les TPE.
Attention à ne pas confondre : les heures du pont (le vendredi) sont récupérables. Les heures du jour férié (le jeudi) ne le sont jamais.
La journée de solidarité : pas automatiquement le lundi de Pentecôte
Le lundi de Pentecôte tombe le 9 juin 2025. Depuis la loi du 16 avril 2008, il n’est plus automatiquement la journée de solidarité. Le choix revient à l’accord collectif ou, à défaut, à l’employeur après consultation du CSE (art. L. 3133-8 CT).
La journée de solidarité correspond à sept heures de travail non rémunérées, finançant l’autonomie des personnes âgées et handicapées. Elle peut être fractionnée, fixée sur un autre jour férié (sauf le 1er mai), ou imputée sur un jour de RTT. En revanche, elle ne peut jamais être déduite des congés payés légaux.
Ce que vous devez vérifier cette semaine
Votre convention collective prévoit-elle le chômage obligatoire du 8 mai et de l’Ascension ? Si oui, vos salariés ne travaillent pas ces jours-là et leur salaire est maintenu. Si non, c’est votre décision — mais communiquez-la clairement.
Avez-vous un usage de pont dans votre entreprise ? Si vous avez accordé le pont de l’Ascension les années précédentes de manière constante et générale, cet usage vous engage. Pour le supprimer, il faut une dénonciation formelle avec un délai de prévenance de trois à six mois — pas la veille du pont.
Vos bulletins de paie sont-ils prêts ? Le 1er mai payé sans condition d’ancienneté, les 8 et 29 mai avec la condition de trois mois, les éventuelles majorations conventionnelles : trois lignes à vérifier sur chaque bulletin. Une erreur de 0,05 point sur un taux de cotisation passe parfois inaperçue. Une journée fériée non payée, jamais.