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Pratique 6 février 2026 5 min de lecture

Arrêts maladie : l'IJSS maximale passe à 41,95 € pour les arrêts débutant en février 2026

Depuis le 1er février 2026, le plafond des indemnités journalières de sécurité sociale (IJSS) en cas d’arrêt maladie remonte légèrement. L’IJSS maximale atteint 41,95 € bruts par jour (Service-Public.fr, 2026). C’est un ajustement, pas une réforme de fond. Mais la paie n’aime pas les ajustements : une valeur non mise à jour suffit à fausser le maintien de salaire, la subrogation, et parfois le calcul de certaines garanties de prévoyance.

Le point contre-intuitif est le calendrier. La revalorisation du SMIC intervient au 1er janvier 2026, mais, pour les IJSS, la nouvelle valeur se répercute en pratique sur les arrêts qui débutent en février (Service-Public.fr, 2026). Si vous avez constaté des montants différents entre un arrêt démarrant fin janvier et un arrêt démarrant début février, l’explication est là.

Pourquoi le plafond « bascule » en février

Les IJSS maladie correspondent à 50 % du salaire journalier de base, calculé à partir des salaires des trois mois civils précédant l’arrêt, divisés par 91,25 (art. R. 323-4 CSS). Ce salaire journalier est plafonné.

Depuis le 1er avril 2025, le plafond de rémunération pris en compte est fixé à 1,4 SMIC mensuel (décret n° 2025-160 du 20 février 2025). En 2026, cela conduit à un plafond de salaire de 2 552,25 € bruts par mois (Service-Public.fr, 2026).

La conséquence est mathématique : quand le SMIC augmente, le plafond augmente, et l’IJSS maximale suit. Service-Public précise une nuance qui explique le décalage : pour un arrêt débutant en janvier 2026, le plafond reste basé sur l’ancien SMIC ; la nouvelle valeur du SMIC est prise en compte pour les arrêts démarrant à compter de février 2026 (Service-Public.fr, 2026).

Ce que cela change (vraiment) pour l’employeur

Un salarié en arrêt maladie ne « perd » pas automatiquement de revenu parce que l’IJSS est plafonnée. C’est l’entreprise qui absorbe l’écart via le maintien de salaire, légal ou conventionnel.

Le maintien légal s’applique, sous conditions, à partir d’un an d’ancienneté : 90 % du salaire brut pendant 30 jours, puis 66,66 % pendant 30 jours, le tout déduction faite des IJSS (art. L. 1226-1 CT). Quand l’IJSS maximale change, même légèrement, le complément employeur change à due proportion.

L’effet est encore plus direct en cas de subrogation : l’employeur perçoit les IJSS à la place du salarié et les intègre au bulletin. Une valeur erronée ne se voit pas toujours sur un arrêt court, mais elle laisse des traces : attestation de salaire incohérente, régularisations manuelles, ou écart entre ce que la CPAM verse et ce que votre logiciel attend.

Enfin, surveillez la prévoyance. Beaucoup de contrats complètent le salaire après un certain délai, avec des mécanismes qui s’appuient sur les IJSS (ou sur un net théorique). Quand les IJSS bougent, certaines garanties bougent aussi. L’ajustement de février 2026 est faible, mais il révèle un problème fréquent : une paie « à jour » sur les cotisations, mais pas à jour sur les plafonds d’IJSS.

Un exemple rapide (et un piège)

Marc est cadre, payé 3 500 € bruts par mois. Il est en arrêt maladie 30 jours à partir du 10 février 2026. Son salaire dépasse le plafond IJSS : il sera donc concerné par l’IJSS maximale.

Si votre logiciel est correctement paramétré, les IJSS seront plafonnées à 41,95 € par jour (Service-Public.fr, 2026), hors jours de carence. Si le paramétrage reste calé sur l’ancien plafond, l’écart se traduira automatiquement par un complément employeur plus élevé. Sur un arrêt, l’impact paraît modeste ; sur une année, il se cumule. Surtout, l’erreur crée une zone grise : vous ne savez plus si l’écart vient du plafond, d’une base de salaire erronée, ou d’une mauvaise attestation.

Le piège est là : quand une anomalie paie se répète, vous finissez par la « corriger à la main ». C’est le début d’une dette technique RH. En droit social, la dette technique se paye en rappels, en régularisations et en contentieux.

Checklist paie : ce que vous devez vérifier en février

  • Le plafond IJSS maladie utilisé par votre logiciel est bien celui de 2026 : 41,95 € (Service-Public.fr, 2026).
  • Vos arrêts démarrant en janvier et en février ne sont pas mélangés dans les régularisations : la bascule de plafond se voit sur les arrêts qui débutent en février (Service-Public.fr, 2026).
  • Vos règles de maintien conventionnel sont alignées : certaines CCN maintiennent 100 %, d’autres réduisent la condition d’ancienneté. Plus le maintien est favorable, plus la qualité du paramétrage IJSS compte.
  • En subrogation, vos justificatifs sont traçables : attestation de salaire, DSN, relevés CPAM et bulletins doivent raconter la même histoire.

Pour aller plus loin, notre guide « Gérer les arrêts maladie » détaille maintien de salaire, subrogation, contrôles et inaptitude : Guides RH.

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