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CCN 22 avril 2025 7 min de lecture

Extensions de branche en avril : casinos, loisirs et transports révisent leurs grilles

Le Journal officiel d’avril 2025 publie une série dense d’arrêtés d’extension. Plus de dix branches voient leurs grilles salariales rendues obligatoires pour l’ensemble des employeurs du secteur, signataires ou non. Les casinos, les espaces de loisirs, les transports routiers, les cabinets d’avocats et plusieurs autres branches sont concernés. Nous faisons le tri et nous vous disons ce que vous devez vérifier.

Casinos : deux revalorisations en trois mois

L’arrêté du 9 avril 2025 étend deux avenants de la CCN des casinos (IDCC 2257), tous deux signés le 29 janvier 2025 : l’avenant n° 24 pour le personnel des jeux traditionnels et l’avenant n° 37 pour les machines à sous, l’accueil, la gestion, la technique, le spectacle et la restauration-hôtellerie.

La mécanique est originale : une revalorisation en deux tranches. La première, de l’ordre de +1 %, s’applique le premier jour du mois suivant la publication au JORF. La seconde, de +1,5 %, entre en vigueur au 1er juillet 2025. Pour les jeux traditionnels, le minimum mensuel du chasseur-portier (niveau 100) passe ainsi à 1 818 € en mai, puis à 1 827 € en juillet. Le chef de table (niveau 140) atteint 2 001 € en juillet.

La branche emploie environ 14 800 salariés dans quelque 300 établissements. Si vous exploitez un casino et n’êtes pas adhérent de Casinos de France, ces grilles deviennent obligatoires à la date de publication de l’arrêté.

Loisirs et attractions : une grille complète

L’avenant n° 73 de la CCN des espaces de loisirs, d’attractions et culturels (IDCC 1790), signé le 16 mars 2025, est étendu par arrêté du 9 avril 2025. Il fixe une grille complète de rémunérations minimales pour 2025, applicable depuis le 1er mars 2025.

Les minima vont de 1 820 € brut (niveau I, coefficient 150) à 4 569 € (niveau VIII, coefficient 520) pour un temps plein à 35 heures. La branche couvre plus de 42 000 salariés — des parcs d’attractions aux musées privés, en passant par les zoos, les bowlings et les discothèques.

Pour les employeurs non signataires, l’extension rend ces minima obligatoires. Si des salariés sont rémunérés en dessous depuis mars, une régularisation s’impose.

Transports routiers : les voyageurs revalorisés, les marchandises attendent

La situation des transports routiers (IDCC 16) est contrastée.

Les voyageurs obtiennent +2 %. L’arrêté du 9 avril 2025 étend quatre avenants du 23 janvier 2025 couvrant toutes les catégories du transport routier de voyageurs : ouvriers (avenant n° 119), employés (n° 101), techniciens et agents de maîtrise (n° 99), ingénieurs et cadres (n° 92). La revalorisation est linéaire — +2 % en moyenne sur l’ensemble de la grille, applicable au 1er février 2025. La plage salariale s’étend de 1 860 € à 3 727 € brut mensuel. Environ 100 000 salariés sont concernés.

Les marchandises n’ont que les frais de déplacement. Un autre arrêté du 9 avril étend l’avenant n° 79 du 6 février 2025, qui revalorise de +1,5 % les indemnités de frais de déplacement des ouvriers du transport routier de marchandises. Mais les grilles de salaires TRM n’ont pas bougé : les NAO 2025 n’ont pas abouti. Les minima issus de l’accord du 11 octobre 2023 restent applicables, avec un risque croissant de décrochage par rapport au SMIC.

Les autres branches concernées

Plusieurs autres extensions méritent l’attention des employeurs concernés.

Cabinets d’avocats (IDCC 1000). Les avenants n° 29 (avocats salariés) et n° 136 (personnel non-avocat), signés le 24 janvier 2025, sont étendus. La revalorisation va de +1,45 % à +4 % selon les coefficients. Fait notable : les cadres et agents de maîtrise (coefficient 300 et au-delà) n’obtiennent aucune augmentation — une première dans cette branche. Le niveau le plus bas passe à 1 851 € brut. Environ 41 000 salariés sont couverts.

Industries alimentaires diverses (IDCC 3109). L’avenant n° 28 du 10 janvier 2025 revalorise la grille de +2,09 % à compter du 1er janvier 2025. Le minimum ouvrier-employé s’établit à 1 818,80 € brut.

Gardiens et concierges d’immeubles (IDCC 1043). L’avenant n° 110 du 17 janvier 2025 actualise les valeurs de point et la prime de tri sélectif (1,40 € par lot). Le système à points, propre à cette branche, fait varier le minimum selon que le gardien est à poste résidentiel ou à l’unité.

Immobilier (IDCC 1527). L’avenant n° 104 du 10 février 2025 revalorise les salaires annuels minimaux de +1,55 % en moyenne, applicables au 1er mars 2025. Le minimum employé passe à 23 424 € brut annuel sur 13 mois.

Pâtisserie (IDCC 1267). L’avenant n° 112 du 4 février 2025 applique +2,20 % sur l’ensemble des coefficients, portant le minimum à 1 841 € brut mensuel (coefficient 160).

Ce que l’employeur doit retenir

L’extension rend le texte obligatoire pour tous. Vous n’êtes pas adhérent de l’organisation patronale signataire ? L’arrêté d’extension efface cette distinction. Dès sa publication au Journal officiel, l’avenant s’applique à toutes les entreprises entrant dans le champ de la convention collective (art. L. 2261-15 CT). Pas de délai de grâce. Pas d’exception.

Vérifiez vos minima dès maintenant. Comparez les salaires versés avec les nouvelles grilles. Si un salarié est rémunéré en dessous du minimum conventionnel applicable, vous devez régulariser — y compris rétroactivement si l’avenant fixe une date d’application antérieure à celle de l’arrêté d’extension. La prescription est de trois ans.

Surveillez votre branche. La vague d’avril n’est pas terminée. D’autres arrêtés sont en cours de publication, notamment pour la propreté (IDCC 3043), les taxis (IDCC 2219) et l’audiovisuel (IDCC 1686). Si votre branche a négocié un avenant en début d’année, l’extension arrivera dans les semaines qui viennent.

En janvier 2025, 75 branches affichaient encore au moins un coefficient inférieur au SMIC. Ces extensions participent au rattrapage — lentement, branche par branche, arrêté par arrêté.

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