Cotisation chômage au 1er mai : le taux patronal passe à 4 %
Le 1er mai 2025, le taux de la contribution patronale d’assurance chômage passe de 4,05 % à 4,00 %. Cinq centièmes de point en moins : l’économie est modeste — environ 75 € par an pour un salarié au SMIC — mais le changement touche toutes les entreprises et impose une mise à jour de la paie. Voici ce qui change et ce que vous devez vérifier.
Ce qui change : la fin de la contribution exceptionnelle
Le taux de 4,05 % en vigueur depuis le 1er octobre 2017 se composait de deux couches : le taux de droit commun de 4,00 % et une contribution exceptionnelle temporaire (CET) de 0,05 %, instaurée par la convention d’assurance chômage du 14 avril 2017 pour contribuer à la résorption de la dette de l’Unédic, qui atteignait alors 30 milliards d’euros.
La nouvelle convention d’assurance chômage du 15 novembre 2024, signée par le MEDEF, la CPME, l’U2P, la CFDT et la CFE-CGC, et agréée par arrêté du 19 décembre 2024, supprime cette CET. Le taux revient à son niveau d’avant 2017 : 4,00 %.
La suppression prend effet au 1er mai 2025, date d’entrée en vigueur des dispositions relatives aux contributions de la nouvelle convention. Le taux AGS reste inchangé à 0,25 %.
L’assiette ne change pas
La contribution d’assurance chômage s’applique à la totalité de la rémunération brute, dans la limite de quatre plafonds mensuels de la sécurité sociale. En 2025, le PMSS s’établit à 3 925 €. Le plafond de cotisation chômage est donc de 15 700 € par mois.
Rappel : la part salariale de la cotisation chômage a été supprimée le 1er octobre 2018, compensée par une hausse de la CSG. La contribution est exclusivement patronale pour l’ensemble des salariés du régime général. Les seules exceptions concernent les intermittents du spectacle, les salariés de Monaco et certains expatriés affiliés à titre individuel.
Le bonus-malus s’ajuste
Le dispositif de bonus-malus, qui module le taux de cotisation des entreprises de onze salariés et plus dans sept secteurs à fort taux de séparation, s’adapte mécaniquement à la baisse du taux pivot.
Avant le 1er mai 2025, le taux modulé variait entre 3,00 % (plancher) et 5,05 % (plafond), autour d’un pivot à 4,05 %. À compter du 1er mai, les trois bornes baissent de 0,05 point :
- Plancher : 2,95 % (contre 3,00 %)
- Pivot : 4,00 % (contre 4,05 %)
- Plafond : 5,00 % (contre 5,05 %)
Chaque entreprise soumise au bonus-malus conserve le même écart relatif par rapport au pivot. Si vous étiez à 3,80 % avant le 1er mai, vous passez à 3,75 %. Si vous étiez à 4,60 %, vous passez à 4,55 %. L’URSSAF a notifié les nouveaux taux modulés individuels fin avril via les rapports DSN (rapport métier n° 117).
La 3e période de modulation court du 1er septembre 2024 au 31 août 2025. La 4e période débutera le 1er septembre 2025, calculée sur les fins de contrat de juillet 2024 à juin 2025.
L’impact chiffré
Sur un salaire brut mensuel de 2 500 €, la baisse représente 1,25 € par mois, soit 15 € par an. Sur un salaire de 5 000 € : 2,50 € par mois, 30 € par an. Pour une entreprise de 50 salariés au salaire moyen de 3 000 €, l’économie annuelle s’établit à environ 900 €.
L’enjeu n’est pas financier. Il est technique : un taux erroné sur le bulletin de paie, même de 0,05 point, constitue une anomalie détectable lors d’un contrôle URSSAF. Et les logiciels de paie ne se mettent pas tous à jour automatiquement.
Ce que vous devez vérifier
Mettez à jour votre logiciel de paie avant le bulletin de mai. Le nouveau taux de 4,00 % s’applique aux rémunérations des périodes d’emploi courant à compter du 1er mai 2025. Vérifiez que votre éditeur a bien intégré la mise à jour. Si vous gérez la paie en interne, modifiez manuellement le paramètre.
Contrôlez vos DSN. La déclaration sociale nominative de mai (exigible en juin) doit refléter le nouveau taux. Une incohérence entre le taux déclaré et le taux attendu par l’URSSAF génère un signalement automatique.
Si vous êtes au bonus-malus, vérifiez votre taux modulé. Le rapport DSN n° 117 transmis fin avril contient votre nouveau taux individuel. Si vous ne l’avez pas reçu, connectez-vous à votre espace net-entreprises ou contactez votre URSSAF. Appliquer le taux pivot (4,00 %) au lieu de votre taux modulé est une erreur fréquente.
Bulletins de paie : mettez à jour la ligne « Assurance chômage ». Le taux affiché doit passer de 4,05 % à 4,00 % (ou à votre taux modulé le cas échéant). La base et le plafond ne changent pas.
La convention d’assurance chômage du 15 novembre 2024 s’applique jusqu’au 31 décembre 2028. Sauf modification législative, le taux de 4,00 % restera stable pendant cette période. Une bonne nouvelle pour la prévisibilité de vos charges sociales — et un paramètre de moins à surveiller.