Bulletin de paie mars 2025 : vérifiez les nouveaux seuils d'allègements
Les bulletins de paie de janvier et février ont été émis dans l’urgence de la promulgation tardive de la LFSS 2025. Celui de mars est l’occasion de vérifier que votre logiciel de paie applique correctement les nouveaux seuils d’allègements de cotisations patronales en vigueur depuis le 1er janvier 2025. Deux lignes ont changé. Leur impact peut atteindre plusieurs centaines d’euros par salarié et par an.
Cotisation maladie : le seuil passe de 2,5 à 2,25 SMIC
La cotisation patronale d’assurance maladie est fixée à 13 % de la rémunération brute. Les employeurs bénéficient d’un taux réduit de 7 % — soit une réduction de 6 points — pour les salariés dont la rémunération mensuelle ne dépasse pas un certain seuil.
Jusqu’au 31 décembre 2024, ce seuil était fixé à 2,5 SMIC, soit 4 504,50 € brut par mois. Depuis le 1er janvier 2025, il est abaissé à 2,25 SMIC, soit 4 054,05 € brut par mois (art. 18 LFSS 2025).
Le SMIC de référence est celui en vigueur au 1er janvier 2025 : 11,88 € de l’heure, soit 1 801,80 € mensuel pour 151,67 heures.
Qui est touché ? Les salariés dont la rémunération se situe entre 4 054 € et 4 504 € brut par mois. Ces salariés bénéficiaient du taux réduit de 7 % en 2024 ; ils passent au taux plein de 13 % en 2025. Le surcoût pour l’employeur est de 6 points de cotisation sur l’intégralité de la rémunération — pas seulement sur la fraction excédentaire.
Exemple — Un salarié rémunéré 4 200 € brut par mois. En 2024, la cotisation maladie était de 4 200 × 7 % = 294 €. En 2025, elle passe à 4 200 × 13 % = 546 €. Le surcoût est de 252 € par mois, soit 3 024 € par an.
Cotisation allocations familiales : le seuil passe de 3,5 à 3,3 SMIC
Le même mécanisme s’applique à la cotisation patronale d’allocations familiales. Le taux plein est de 5,25 %. Le taux réduit est de 3,45 % — une réduction de 1,8 point.
Le seuil ouvrant droit au taux réduit passe de 3,5 SMIC (6 306,30 € brut) à 3,3 SMIC (5 945,94 € brut).
Les salariés dont la rémunération se situe dans cette zone de transition perdent le bénéfice du taux réduit. Le surcoût est de 1,8 point de cotisation sur l’intégralité de la rémunération.
Exemple — Un cadre rémunéré 6 100 € brut par mois. En 2024, la cotisation AF était de 6 100 × 3,45 % = 210,45 €. En 2025, elle passe à 6 100 × 5,25 % = 320,25 €. Le surcoût est de 109,80 € par mois, soit 1 317,60 € par an.
Deux zones de transition distinctes
Les deux zones de transition ne se chevauchent pas. Un salarié entre 4 054 € et 4 504 € est touché uniquement par la hausse de la cotisation maladie — il reste largement sous le seuil AF. Un cadre entre 5 946 € et 6 306 € est touché uniquement par la hausse de la cotisation AF — il avait déjà perdu le taux réduit maladie bien avant, dès que sa rémunération dépassait l’ancien seuil de 2,5 SMIC.
En résumé : chaque salarié n’est concerné que par l’un des deux resserrements, selon son niveau de rémunération. L’impact budgétaire global pour l’entreprise dépend de la répartition de sa masse salariale entre ces deux tranches.
La prime de partage de la valeur entre dans le calcul
Depuis le 1er janvier 2025, les primes de partage de la valeur (PPV) sont intégrées dans la rémunération servant de base au calcul des allègements généraux de cotisations patronales.
Si vous versez une PPV, elle s’ajoute à la rémunération mensuelle pour déterminer si le salarié dépasse les seuils de 2,25 ou 3,3 SMIC. Un salarié rémunéré 3 800 € brut qui reçoit une PPV de 500 € en mars verra sa rémunération mensuelle portée à 4 300 € — au-dessus du seuil maladie de 4 054 €. Pour ce mois, l’employeur perdra le bénéfice du taux réduit.
Nous recommandons de simuler l’impact avant de fixer le montant et le calendrier de versement de la PPV. Un fractionnement sur plusieurs mois peut éviter le dépassement ponctuel des seuils.
Ce que vous devez vérifier sur le bulletin de mars
Ouvrez le bulletin de paie d’un salarié dont la rémunération se situe dans l’une des deux zones de transition. Vérifiez que la ligne « cotisation maladie » affiche bien 13 % (et non plus 7 %) si la rémunération dépasse 4 054,05 €. Vérifiez que la ligne « allocations familiales » affiche 5,25 % (et non plus 3,45 %) si la rémunération dépasse 5 945,94 €.
Si votre logiciel de paie n’a pas été mis à jour, les trois premiers bulletins de l’année sont erronés et devront être régularisés. La plupart des éditeurs (Sage, Silae, ADP, Cegid) ont publié des mises à jour en février. Si vous utilisez un prestataire externe, demandez-lui une confirmation écrite que les paramètres LFSS 2025 sont bien en production.
Ce contrôle est d’autant plus important que ces seuils ne dureront qu’un an : au 1er janvier 2026, les taux réduits maladie et AF disparaissent pour être fusionnés dans une réduction générale dégressive unique. Le bulletin de paie changera à nouveau.