Bulletin de paie janvier 2026 : RGDU, nouveau plafond et taux révisés
Le premier bulletin de paie de l’année concentre la plupart des mises à jour réglementaires. Janvier 2026 est un cru exceptionnel : la réduction dégressive unique remplace trois dispositifs d’allègement, le plafond de la Sécurité sociale franchit le cap des 4 000 €, et la contribution patronale sur les ruptures conventionnelles passe à 40 %. Cinq points méritent une vérification ligne par ligne.
La réduction dégressive unique : trois lignes fusionnées en une
C’est le changement majeur de ce bulletin. La réforme des allègements généraux, applicable au 1er janvier 2026, fusionne la réduction générale des cotisations patronales (ex-Fillon), le taux réduit d’assurance maladie (7 % sous 2,5 SMIC) et le taux réduit d’allocations familiales (3,45 % sous 3,5 SMIC) en un mécanisme unique : la réduction générale dégressive unique, ou RGDU (décret n° 2025-1446 du 31 décembre 2025).
L’allègement est maximal au SMIC, puis décroît progressivement jusqu’à s’annuler à 3 SMIC, soit 5 469,09 € brut mensuel. Le coefficient maximal est fixé à 0,3981 pour les entreprises de moins de 50 salariés et à 0,4021 pour celles de 50 salariés et plus — la différence tient au taux de la contribution FNAL (art. D241-7 CSS modifié). Votre logiciel de paie doit appliquer une seule formule de réduction là où il en gérait trois. Vérifiez que la mise à jour est effective : une erreur de paramétrage sur le premier bulletin se répercute sur l’ensemble de l’exercice.
Le plafond de la Sécurité sociale
Le plafond mensuel passe de 3 925 € à 4 005 €, soit 48 060 € sur l’année (arrêté du 22 décembre 2025, JO du 23 décembre). La hausse de 2,04 % se répercute sur toutes les cotisations plafonnées du bulletin.
Les cotisations de retraite complémentaire AGIRC-ARRCO sont les premières concernées. La tranche 1 couvre désormais la rémunération de 0 à 4 005 €. La tranche 2 s’étend de 4 005 € à 32 040 € (huit fois le plafond). Pour un salarié cadre rémunéré entre l’ancien et le nouveau plafond, une part de cotisation bascule de la tranche 2 vers la tranche 1, avec un taux plus faible. L’impact unitaire est modeste, mais multiplié par l’effectif, il mérite d’être chiffré.
Vérifiez aussi les garanties de prévoyance et de mutuelle exprimées en multiple du plafond : les bases de cotisation changent mécaniquement.
La contribution sur les ruptures conventionnelles
L’article 15 de la LFSS 2026 fait passer la contribution patronale spécifique de 30 % à 40 %. Elle frappe la fraction de l’indemnité de rupture conventionnelle exclue de l’assiette des cotisations sociales. Le même taux s’applique aux indemnités de mise à la retraite.
Point de vigilance — Le taux applicable dépend de la date de rupture effective du contrat, pas de la date de signature de la convention ni du versement de l’indemnité. Toute rupture prenant effet à compter du 1er janvier 2026 est soumise au taux de 40 %.
Sur une indemnité exonérée de 20 000 €, la contribution passe de 6 000 € à 8 000 €. Le surcoût est immédiat et doit être intégré dans les négociations en cours.
La déduction forfaitaire pour heures supplémentaires
Jusqu’au 31 décembre 2025, la déduction forfaitaire de cotisations patronales sur les heures supplémentaires était réservée aux entreprises de moins de 250 salariés. La LFSS 2026 supprime ce seuil. Toutes les entreprises bénéficient désormais d’une déduction de 0,50 € par heure supplémentaire effectuée, et de 3,50 € par jour de repos racheté dans le cadre d’un forfait jours.
Le gain est modéré à l’échelle d’un salarié, mais significatif pour les entreprises de 250 salariés et plus qui en étaient exclues. Vérifiez que votre logiciel de paie active cette déduction dès le bulletin de janvier.
Les minima conventionnels après la hausse du SMIC
Le SMIC horaire brut passe à 12,02 € (contre 11,88 €), soit 1 823,03 € mensuel pour un temps plein (décret du 30 décembre 2025). La hausse de 1,18 % rattrape mécaniquement les premiers niveaux de grille de nombreuses conventions collectives.
Comparez chaque salaire de base avec le minimum applicable dans la grille conventionnelle à jour. Un salaire inférieur expose l’employeur à un rappel sur trois ans (art. L3245-1 CT). Les branches dont les minima étaient proches du SMIC — commerce de détail, restauration rapide, propreté — sont les plus exposées. Surveillez les arrêtés d’extension des avenants salaires négociés fin 2025 : plusieurs entreront en vigueur dans les semaines qui viennent.