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Réforme 12 mars 2026 5 min de lecture

Aide à l'apprentissage 2026 : le décret du 6 mars fixe les nouveaux montants

Le décret n° 2026-168 du 6 mars 2026, publié au Journal officiel le 7 mars, met fin à l’aide forfaitaire de 6 000 euros qui bénéficiait à tous les employeurs d’apprentis depuis 2023. Le nouveau barème est modulé selon deux critères : la taille de l’entreprise et le niveau du diplôme préparé. Les montants baissent pour la plupart des situations. L’aide s’applique aux contrats dont l’exécution débute à compter du 8 mars 2026.

Le nouveau barème

L’aide exceptionnelle est versée pour la première année d’exécution du contrat d’apprentissage, pour les contrats dont la date de début d’exécution intervient entre le 8 mars 2026 et le 31 décembre 2026.

Entreprises de moins de 250 salariés :

Niveau du diplômeMontant
CAP, BEP, bac pro (niveaux 3-4)5 000 €
BTS, DUT, licence pro (niveau 5)4 500 €
Bac +3 à bac +5 (niveaux 6-7)2 000 €

Entreprises de 250 salariés et plus :

Niveau du diplômeMontant
CAP, BEP, bac pro (niveaux 3-4)2 000 €
BTS, DUT, licence pro (niveau 5)1 500 €
Bac +3 à bac +5 (niveaux 6-7)750 €

Apprenti reconnu travailleur handicapé : 6 000 euros, quelle que soit la taille de l’entreprise et le niveau du diplôme. Ce montant est cumulable avec les aides spécifiques à l’emploi de travailleurs handicapés.

Le changement par rapport au dispositif précédent est net. L’aide forfaitaire de 6 000 euros, identique pour toutes les entreprises et tous les niveaux de diplôme, laisse place à une grille qui descend jusqu’à 750 euros pour un master en grande entreprise.

Aide exceptionnelle et aide unique : deux dispositifs exclusifs

L’aide exceptionnelle du décret ne se cumule pas avec l’aide unique à l’apprentissage prévue à l’article L6243-1 du Code du travail. L’aide unique, permanente, s’élève à 5 000 euros et ne concerne que les entreprises de moins de 250 salariés pour des diplômes de niveaux 3 et 4 (CAP à bac). Pour cette combinaison précise — petite entreprise, diplôme inférieur ou égal au bac — les deux dispositifs donnent le même montant. L’employeur bénéficie de l’un ou de l’autre, pas des deux.

L’aide exceptionnelle prend tout son intérêt dans les cas que l’aide unique ne couvre pas : les diplômes de niveau 5 et supérieur pour les PME, et tous les niveaux pour les entreprises de 250 salariés et plus.

Versement et pièges à éviter

L’aide est versée mensuellement par l’Agence de services et de paiement (ASP), sur la base des données transmises via la DSN. Si la déclaration sociale nominative d’un mois manque, le versement est suspendu immédiatement. Pas de relance, pas de rattrapage automatique.

Deux délais à surveiller de près. Le contrat d’apprentissage doit être transmis à l’OPCO dans un délai maximal de six mois après le début de l’exécution. Au-delà, l’aide est définitivement perdue — pas de régularisation possible. Ce délai est le piège le plus fréquent, notamment dans les TPE où la gestion administrative de l’alternance repose souvent sur une seule personne.

Pour les entreprises de 250 salariés et plus, une condition supplémentaire s’ajoute : l’effectif d’alternants doit représenter au moins 5 % de l’effectif total, apprécié au 31 mai 2028. Si le quota n’est pas atteint à cette date, l’entreprise doit rembourser l’intégralité des sommes perçues. L’ASP transmet une déclaration sur l’honneur à cet effet.

Ce que ça change concrètement

Le premier effet est budgétaire. Un employeur de 80 salariés qui recrute un apprenti en BTS ne percevra plus 6 000 euros mais 4 500 euros. Pour un master, le montant tombe à 2 000 euros. La baisse est plus marquée dans les grandes entreprises : un groupe de 500 salariés qui recrute un apprenti en licence ne touchera que 750 euros, contre 6 000 euros sous l’ancien régime.

Le second effet est un vide à combler. Entre le 1er janvier et le 7 mars 2026, aucune aide exceptionnelle n’était en vigueur — seule l’aide unique restait applicable. Les contrats dont l’exécution a débuté pendant cette période ne bénéficient pas du nouveau barème. Si vous avez reporté un recrutement en attendant le décret, le calendrier joue désormais en votre faveur.

Nous recommandons de recaler vos projections de coût de l’alternance sur la nouvelle grille. Pour les TPE-PME, l’apprentissage reste soutenu, mais le montant dépend désormais du niveau de diplôme visé. Un CAP à 5 000 euros reste attractif. Un master à 2 000 euros exige un calcul plus serré.

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