1er avril 2025 : ce qui change pour la paie et l'assurance chômage
Le 1er avril 2025 concentre une série de changements qui touchent directement la paie, le coût des arrêts maladie et les droits des salariés en fin de contrat. Nous faisons le point sur les trois mesures à anticiper avant la date.
Arrêts maladie : le plafond des IJSS baisse de 20 %
Le décret n° 2025-160 du 20 février 2025 abaisse le plafond de rémunération servant de base au calcul des indemnités journalières de sécurité sociale en cas d’arrêt maladie. Pour tous les arrêts débutant à compter du 1er avril, le plafond passe de 1,8 SMIC à 1,4 SMIC mensuel, soit de 3 243 € à 2 523 € brut.
L’indemnité journalière maximale tombe de 53,31 € à 41,47 € par jour — une baisse de plus de 20 %. Seuls les arrêts maladie sont concernés : les indemnités maternité, paternité et accidents du travail conservent leurs plafonds actuels.
L’impact pour l’employeur est arithmétique. L’article L. 1226-1 du code du travail impose un maintien de salaire à 90 % puis 66,66 % pour les salariés ayant au moins un an d’ancienneté. Ce maintien s’effectue déduction faite des IJSS. Si la sécurité sociale verse moins, l’employeur complète davantage.
Pour un salarié à 3 000 € brut en arrêt de 30 jours, le complément employeur passe de 1 377 € à 1 580 € — soit un surcoût de 203 € sur un seul arrêt. Multipliez par le nombre d’arrêts dans l’année : le poste « maladie » de votre budget social va augmenter.
Nous recommandons deux actions. D’abord, vérifiez avec votre gestionnaire de paie que le nouveau plafond est bien paramétré pour les arrêts débutant au 1er avril. Ensuite, contactez votre assureur prévoyance : certains contrats indexent leurs garanties sur le plafond des IJSS, ce qui peut créer un trou de couverture que ni la sécurité sociale ni la prévoyance ne comblent.
Assurance chômage : le régime senior recule à 55 ans
La convention d’assurance chômage du 15 novembre 2024, agréée par arrêté du Premier ministre, entre pleinement en vigueur le 1er avril 2025. Les changements portent principalement sur les règles d’indemnisation des seniors et la dégressivité des allocations.
Durées d’indemnisation. Les durées maximales sont désormais les suivantes : 18 mois (548 jours) pour les demandeurs d’emploi de moins de 55 ans, 22,5 mois (685 jours) pour ceux de 55 et 56 ans, et 27 mois (822 jours) pour les 57 ans et plus. L’âge d’accès au régime senior passe de 53 à 55 ans — un recul de deux ans qui réduit la couverture des salariés entre 53 et 54 ans.
Dégressivité. Le coefficient de dégressivité — une baisse de 30 % de l’allocation après un certain nombre de mois — ne s’applique plus à partir de 55 ans, contre 57 ans auparavant. En contrepartie, les allocataires de 55 et 56 ans qui n’étaient pas protégés par l’ancien seuil de 57 ans bénéficient désormais de l’exemption. Le seuil de déclenchement reste fixé à 92,11 € d’allocation journalière.
Mensualisation sur 30 jours. L’indemnisation est désormais calculée sur une base de 30 jours par mois, quel que soit le nombre réel de jours du mois. Les allocations correspondant au 31e jour sont reportées en fin de droit. Ce changement technique peut modifier le montant perçu certains mois.
Ce que l’employeur doit savoir sur la rupture
Ces nouvelles règles ne changent pas directement les obligations de l’employeur lors d’un licenciement ou d’une rupture conventionnelle. Mais elles modifient le contexte dans lequel le salarié évalue ses options.
Un salarié de 54 ans qui pouvait compter sur 22,5 mois d’indemnisation sous l’ancien régime n’en aura plus que 18. Ce changement peut influer sur les négociations de départ — le salarié aura mécaniquement moins de filet de sécurité et sera plus attentif au montant de l’indemnité transactionnelle.
À l’inverse, un salarié de 55 ans bénéficie désormais de la protection contre la dégressivité, ce qui sécurise davantage sa transition. L’employeur qui prépare un PSE ou des ruptures conventionnelles individuelles a intérêt à connaître ces seuils pour calibrer ses propositions.
Cotisation chômage : baisse au 1er mai
Dans la foulée, le taux de la contribution patronale d’assurance chômage passera de 4,05 % à 4 % au 1er mai 2025. La baisse est symbolique — 0,05 point — mais elle modifie le paramétrage de la paie et la valeur du coefficient de la réduction générale de cotisations. Vérifiez que votre logiciel intègre ce changement pour les bulletins de mai.
Checklist employeur
Avant le 1er avril, nous recommandons de vérifier quatre points. Le paramétrage du plafond IJSS dans votre logiciel de paie (1,4 SMIC pour les arrêts débutant au 1er avril). Les garanties de votre contrat de prévoyance complémentaire — demandez une simulation d’impact à votre assureur. Les attestations employeur France Travail, qui doivent mentionner les données de rémunération conformes aux nouvelles règles. Et enfin, la communication interne : si des salariés seniors envisagent un départ, ils doivent être informés du recul de l’âge d’accès au régime allongé.